Aniara Rodado – Crimes sans victimes / Octobre 2016

Crime sans victimes

À notre demande, il existe une offre importante de contenus sexuellement explicites. Cette phrase semble définir le capitalisme de nos désirs, et dans ce marché, nous avons fait un long chemin depuis le début de la photographie et les premiers clichés coquins jusqu’à internet, média et modèle idéal à la création et distribution des contenus pornographiques de masse.

Est-ce que nous pouvons toujours avoir encore un espace de liberté sexuel singulier, malgré ce cocktail explosif composé d’ultra-sexualisation qui nous «oblige » à mener une vie sexuelle « épanouie », de corps siliconés aux membres surdimensionnés, de ces «oh my god!» ? Avons-nous encore une imagination érotique subjective qui échappe à cette chorégraphie très précise et répétée qui finit presque toujours par une éjaculation faciale?

Serions-nous moins concernés par nos propres actions sexuelles ou par notre propre corps que par la moralité et la « justesse » de leur représentation? Et si de telles représentations peuvent être ressenties comme des offenses par celui qui censure, peuvent-elles pour autant causer des préjudices? Et par là-même, être véritablement dangereuses?  C’est dans le clivage entre liberté, préjudice, offense et stéréo-typisation de notre intimité que s’articule Crimes sans Victimes.

Crimes sans Victimes cherche à se glisser dans ces espaces d’où émane la perception inconsciente, afin d’y déceler des zones de liberté sensorielle.

Rendu d’étape, descriptif

Le public arrive au plateau où la chorégraphie a déjà débuté. Il est accueilli par le compositeur et le créateur de lumières de la compagnie, qui les équipent de casques audio sans fil, système de diffusion utilisé pour une partie de la musique, et de lunettes de soleil, afin qu’ils puissent adapter le seuil de photosensibilité à leur guise. Précisons qu’il n’y a pas de sources UV ou de niveau sonore susceptible d’endommager les sens, les lunettes sont ici avant tout un élément de confort ludique.
Ensuite le public prend place parmi des caissons de grave et des objets lumineux qui délimitent l’espace. Différents capteurs analysent en temps réel les changements biochimiques ayant lieu durant la performance. Ces paramètres sont transmis aux sources sonores et lumineuses par le biais d’un système informatique autorisant une grande flexibilité quant à l’écriture des interactions entre les éléments présents sur scène. Par des brumisateurs invisibles du public, l’humidité ambiante augmentera progressivement tout au long de la performance.Nous adhérons aux valeurs de la culture libre et utilisons à ce titre des logiciels libres. L’intégralité du code source, des plans et de la chorégraphie sera publiée sous licence Art Libre, qui garantit l’accès libre, gratuit et pérenne à ces données. Un cahier de création sera rédigé et publié, afin de documenter et ouvrir le processus artistique, de la chorégraphie et des éléments techniques.

 

Notre residence à Reticular Centre d’artistes.

Cette semaine nous nous concentrons sur deux aspects de la création de crimes sans victimes: Mis à point des capteurs, évolution de lampes et de système sonore et premier mise à disposition du cahier de création chorégraphique car Nous adhérons aux valeurs de la culture libre et utilisons à ce titre des logiciels libres. L’intégralité du code source, des plans et de la chorégraphie sera publiée sous licence Art Libre, qui garantit l’accès libre, gratuit et pérenne à ces données. Un cahier de création sera rédigé et publié, afin de documenter et ouvrir le processus artistique, de la chorégraphie et des éléments techniques.

Aniara Rodado

« Chorégraphe, artiste et chercheuse. La standardisation du vivant dans le monde actuel est la principale problématique abordée dans mon travail.

Depuis des années je travaille régulièrement avec des réseaux engagés dans la culture libriste en France et en Amérique latine.
En ce moment je suis artiste résidente au ladHyX (Laboratoire de mécanique des fluides) de l’École Polytechnique de Paris-Saclay, en association avec le physicien Jean-Marc Chomaz, pour la création d’un triptyque chorégraphique autour de la crise écologique actuelle.

Je fais partie de l’Unité de recherche Numérique/TacticLab de l’ENSBA de Lyon, consacrée à l’étude théorique et pratique des enjeux éthiques et esthétiques des cultures numériques et doctorante en sciences et arts à l’École Polytechnique de Paris-Saclay. » A.R

Photos Gabriel Roman CC BY 2.0

Direction et chorégraphie Aniara Rodado
Danseurs : Aniara Rodado, Clement Aubert
Création sonore et design interactif version 2013 : Noish(x) Oscar Martín
Musique, création sonore et design interactif version 2014 : Marco Antonio Suarez Cifuentes
Concepteur lumière et design interactif : Olivier Heinry
Concepteur Biosensors box : Andrés Burbano
Administration : Merryl Messaoudi- CrossedLab

Crimes sans Victimes est une Production de la compagnie Aniara Rodado en coproduction avec Le Manège.Mons/CECN. Avec le soutien de L’Estruch –centre de production et de création artistique, Sabadell. Avec le soutien de la Région Rhône-Alpes dans le cadre du fond SCAN (Soutien à la Création Artistique Numérique) et de L’ENSBA-Lyon. Crimes sans victimes a bénéficié d’un accueil en Studio au CCN d’Orléans.

Site internet de l’artiste

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